série vidéographique en 3 saisons et 24 épisodes
vidéo DV couleur sonore 26' 2007-2009

édition DVD, 400 expl, éditions 68Septante et Galerie 100Titres, Bruxelles, 2009
La Crise de Lard est une série vidéographique pensée comme un petit théâtre satirique et pamphlétaire, dans laquelle Jérôme Giller commente sur un ton absurde et volontairement polémique, des œuvres d'art historiques, le fonctionnement et le milieu artistique.

Le bavardage et les faits médiatiques autour des œuvres d'art tendent à faire disparaître les œuvres au profit de leurs commentaires (qu'ils soient avisés ou non). C'est comme si la critique d'art devenait aujourd'hui art elle-même. L'art s'est transformé en industrie culturelle et le "regardeur" de Duchamp, en un simple consommateur qu'il faut persuader de la pertinence et de la qualité de ce qu'il voit, absolument. Le regardeur est dépossédé de tout sens critique, poussé qu'il est à "hyperconsommer" l'art d'aujourd'hui.
En endossant le rôle d'un spectateur polémique, l'artiste propose un essai de libération du regard et du sens critique.

Saison 1 :
7 épisodes et 1 épilogue, 7'36, 2007

Les objets sont perçus d’abord et avant tout en termes de valeurs instrumentales. L’utilité de l’objet est le principe gouvernant dans la consommation.
Partant du présupposé que l’œuvre d’art est un objet comme les autres (c'est-à-dire de consommation), dans la première saison de La Crise de Lard, Jérôme Giller décortique les mécanismes attachés à l'économie politique des œuvres d'art. Il compare leur utilité / inutilité face aux objets de consommation courante. Il pointe du doigt les valeurs symboliques attachées à leur possession. Il analyse les mécanismes invisibles de leur économie libidinale.

saison Une
Épisode 1.1 : LA CRISE / Épisode 1.2 : LA REPRÉSENTATION / Épisode 1.3 : L'ÉCONOMIE / Épisode 1.4 : DIPLOMATIE / Épisode 1.5 : DANS L'INTIMITÉ / Épisode 1.6 : MASS MEDIA / Épisode 1.7 : LíINDUSTRIALISATION / Épilogue 1.0 : LE POUVOIR SYMBOLIQUE

Saison 2 :
7 épisodes et 1 épilogue, 6'48, 2008

Jean-François Lyotard, dans un article intitulé "Le sublime et l'avant-garde", notait que "la sublimité n'est plus [aujourd'hui] dans l'art, mais dans la spéculation sur l'art". Autrement dit, Jean-François Lyotard faisait le constat d'une mutation du sublime, de son déplacement de la valeur transcendantale vers la valeur argent.
La seconde saison de La Crise de Lard met en lumière les idéologies souterraines de la société capitaliste : religiosité et financiarisation de l'art et, glorification de l'individu-artiste-égotique.

saison Deux
Épisode 1 : FÉTICHISME / Épisode 2 : ALLÉLUIA / Épisode 3 : IDOLÂTRIE / Épisode 4 : PHYNANCE / Épisode 5 : GOLDEN ART / Épisode 6 : CHARITÉ / Épisode 7 : CATÉCHISME / Épilogue : DIALECTIQUE

Saison 3 :
7 épisodes et 1 épilogue, 9'30, 2009

L'artiste est un entrepreneur comme les autres. Le modèle de l'économie capitaliste et les conditions du marché s'imposent à la création artistique. En guise d'Ereignis (Heidegger), les artistes répètent indéfiniment les mêmes gestes éculés, déguisés sous la forme de l'innovation. La troisième et dernière saison de La Crise de Lard montrent la répétition des formes plastiques et les stratégies mises en œuvre par les artistes pour s'adapter à l'économie de marché. Parfois la glorifier !

saison Trois
Episode 1 : LEUR PAYS NATAL / Episode 2 : DÉLIT D'INITIÉ / Épisode 3 : TOUS CONCURRENTS / Épisode 4 : COACHING / Épisode 5 : LES FOUS DU ROI / Épisode 6 : AVANT-GARDE / Épisode 7 : STORYTELLING / Épilogue : RITOURNELLE
éditions 68Septante
JÉRÔME GILLER
La Crise de Lard